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Freddy Tsimba


Freddy Tsimba
Né en 1967 à Kinshasa (RDC). Vit à Kinshasa.

Après des études à l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa, en option sculpture monumentale (1989), Tsimba fait le choix de rejoindre des maîtres forgerons et des maîtres fondeurs pour se former à leurs côtés pendant cinq ans. 

Il se fait connaître grâce à des sculptures composées à partir de douilles ramassées sur les théâtres de conflits et patiemment soudées. Ces « silhouettes effacées », victimes anonymes sacrifiées à la folie des hommes, sont principalement des femmes, elles sont enceintes et portent des marques de mutilation. Ce sont des œuvres rudes, mais elles ne sont pas là pour choquer. L’intention est de témoigner et de dénoncer les guerres, celles du Congo mais aussi toutes les autres. La rudesse du propos n’exclut pas la beauté des formes. Et la symbolique de la femme enceinte est porteuse d’un message d’espoir, car Tsimba nous dit qu’en dépit de tout, « la vie finit toujours par triompher ». 

Freddy Tsimba ne se borne pas à utiliser des douilles. Il travaille avec quantité d’autres objets métalliques récupérés, qui symbolisent pour certains la mort (machettes, pièges à souris), pour d’autres l’oppression (chaines), ou encore l’addiction (capsules). En réalité, la symbolique se veut le plus souvent à double sens, car le propos n’est jamais désespéré. Par exemple, les clés expriment l’enfermement mais aussi l’ouverture libératrice, les cuillères à la fois la faim et la subsistance, et Tsimba aime rappeler que la machette est d’abord l’outil des travaux agricoles. Artiste de renommée internationale, Freddy Tsimba a beaucoup exposé, un peu partout dans le monde. L’une de ses œuvres, « Au-delà de l’espoir », est érigée à Bruxelles dans le fameux quartier Matonge. Le décor en douilles du magnifique spectacle baroque « Coup fatal », c’était lui. Toujours en mouvement, toujours disponible pour partager, se nourrissant de toute opportunité et de toute rencontre, Tsimba ne s’arrête jamais de créer. Lors de sa dernière exposition (« Au-delà de l’extrême », Kinshasa, 2016) il a dévoilé des créations inédites : deux grands « Anges déchus », des masques en douilles fondues (série « rescapés ») et de magnifiques silhouettes féminines de dos, étonnement sensuelles bien que faites de chaines ou de clés. 

Aimable, souriant, positif, Freddy Tsimba est un personnage aussi doux que son œuvre est rude. Ce paradoxe n’est qu’apparent : il faut une grande sensibilité pour rendre ainsi hommage, avec obstination, sur la durée, à la souffrance anonyme. Il y a dans cette œuvre et dans ce parcours quelque chose d’extrêmement réconfortant. 

> CV



Freddy Tsimba, le congolais « sculpteur de la vie », africanews, 30 oct. 2016