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Pourquoi le Congo ?


Accompagner les artistes

La galerie présente exclusivement des artistes du Congo-Kinshasa. Cette spécialisation traduit à la fois un intérêt tout particulier pour ce pays, dont le dynamisme artistique est passionnant, et une exigence : accompagner efficacement les artistes suppose une relation étroite. Le directeur d’Angalia, Pierre Daubert, se rend à Kinshasa au moins une fois par trimestre. 
 
Etre artiste dans un pays comme le Congo, qui peine à se relever d’une longue crise, est un défi de tous les jours. Et dans ce contexte, être galeriste, c’est dépasser de beaucoup les fonctions de représentation classiques. Il faut apporter aux artistes des appuis de toute sorte, suivant la situation de chacun, à commencer par la sécurité d’un lien sur la durée. C’est ce que fait Angalia, parmi d’autres acteurs. 

Un partenariat en RDC avec Texaf-Bilembo

La présence d’Angalia à Kinshasa est consolidée depuis 2014 par un partenariat avec l’espace culturel privé Texaf-Bilembo (texaf-bilembo.com), animé par Chantal Tombu et Alain Huart. Angalia y présente régulièrement le travail des artistes de la galerie, contribuant ainsi à la visibilité des artistes aussi bien en RDC qu'en Europe. 

L’art au Congo-Kinshasa

Lubaki, sans titre, vers 1929
Lubaki, sans titre, vers 1929
Le dynamisme et la richesse de la scène artistique de la République démocratique du Congo ne datent pas d’hier. De grands noms, Chéri Samba en tête, sont désormais consacrés par les collections privées (notamment la collection Pigozzi) et publiques et par le marché de l’art. En témoigne la magnifique rétrospective de 80 ans d’art au Congo (Beauté Congo, Congo Kitoko 1926-2015) présentée par la Fondation Cartier à l’été 2015, et l'exposition "Art/Afriques, le nouvel atelier " à la Fondation Louis Vuitton en 2017.
 
Les débuts de l’art moderne au Congo se situent dans les années 30, dans ce qui était alors le Congo belge. Soutenus par un mécène belge nommé Georges Thiry, Lubaki et Djilatendo se distinguent avec des œuvres sur papier d’une touchante simplicité. 

Pilipili Mulongoy, Pintades, 1950
Pilipili Mulongoy, Pintades, 1950
En 1946 se développe à Lubumbashi, sous l’impulsion de Pierre Romain-Desfossés, l’Atelier du Hangar. Les artistes emblématiques de cette école ont pour nom Pilipili, Bela ou Mwenze. A la différence de leurs aînés, ils connaîtront un certain succès international, jusqu’aux Etats-Unis où ils seront exposés. 

L’Académie des Beaux-arts de Kinshasa est créée en 1943, d’abord sous la forme d’une école, avant de prendre son nom définitif en 1957. De grands noms en sont sortis, parmi lesquels, pour ne citer que quelques-uns des artistes actuels, Roger Botembe, Franck Dikisongele, ou encore Malambu. L'Académie couvre aujourd’hui à la fois les arts plastiques (céramique, métal battu, peinture et sculpture) et les arts graphiques (architecture d’intérieur et communication visuelle).

Durant la période postcoloniale, années complexes à plus d’un titre, l’art contemporain se trouve pris en étau entre des tentatives d’appropriation de codes occidentaux, eux-mêmes largement remis en question, et l’affirmation d’un art africain teinté de nationalisme, très peu inventif.

Moke, sans titre, 1995
Moke, sans titre, 1995
Un mouvement émerge cependant : la peinture populaire. Elle trouve sa première consécration avec l’exposition Art partout, à Kinshasa, en 1978. Chéri Samba la définit ainsi : « C’est un art qui vient du peuple et qui s’adresse au peuple ». Les artistes clés de ce mouvement que sont, outre Chéri Samba, Moke, Chéri Chérin, Pierre Bodo ou JP Mika, se sont tous formés à l’école des commandes d’enseignes publicitaires, dans la mesure où ils ont peint, pour gagner leur vie, sur les devantures des magasins, dans les bars, les salons de coiffure, etc. Passé sur la toile, cet art qui emprunte à la bande dessinée certaines de ses caractéristiques formelles se développera comme une chronique de la rue, des mœurs amoureuses, sociales, et finalement de tout ce qui se passe dans la cité. Il ira parfois au-delà puisque la politique internationale y sera caricaturée à son tour.

Bodys Isek Kingelez
Bodys Isek Kingelez
Dans les années 1980, ce sont des maquettistes, de manière inattendue, qui vont faire preuve de la plus grande créativité, avec des artistes comme Bodys Isek Kingelez, architecte-maquettiste créateur visionnaire de cités modernes, et Rigobert Nimi, aujourd’hui internationalement reconnus. 

Freddy Tsimba, Silhouette
Freddy Tsimba, Silhouette
En dépit de son caractère chaotique et de la profonde crise qui l’a suivie, la libéralisation des années 1990 ouvrira la voie à toutes sortes d’expériences artistiques. Certaines se sont voulues anti-académiques (Francis Mampuya), d’autres au contraire se sont nourries d’un double enseignement, au Congo et à l’international (dont l’Ecole supérieure des Beaux-arts de Strasbourg). Peu à peu une véritable diversité s’est installée

Avec ses fameuses douilles, Freddy Tsimba a révolutionné la sculpture congolaise ; les techniques mixtes se sont imposées (Aimé Mpane, Kura Shomali, Steve Bandoma ou Vitshois Mwilambwe) ; la photographie s’est installée, avec notamment Kiripi Katembo ou Sammy Baloji ; et le dessin se développe aussi très bien. La peinture conserve une place très importante, en bonne partie grâce au succès international de Chéri Samba et à la construction de la fameuse collection Pigozzi, qui aura permis pendant près de quinze ans de conforter les artistes majeurs, tant économiquement qu’artistiquement.

Sammy Baloji, Mémoire, 2006
Sammy Baloji, Mémoire, 2006
Aujourd’hui, cette communauté d’artistes bigarrée est fortement représentée dans les lieux où s’expose l’art du continent africain, faisant du Congo un pays phare de l’art africain contemporain.  Le large succès de l'exposition "Beauté Congo - Congo Kitoko" présentée par la Fondation Cartier pour l'art contemporain à Paris en 2015 en fut un témoignage éclatant.