Angalia 
 
Angalia : Art contemporain africain

Gaël Maski


Gaël Maski
Né en 1990 à Kalemie (RDC), vit à Kinshasa. 

Après des études à l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa, dont il sort diplômé en 2014, Gaël Maski choisit d’entamer une phase de réflexion et de recherche sur son travail, afin de trouver l’expression qui traduira le mieux son intention. Jusqu’alors peintre sur toile, avec une prédilection pour la représentation d’états psychologiques, il adopte tout d’abord un nouveau support, le bois usagé, afin de relier davantage son travail à la vie réelle de Kinshasa. Il collecte des panneaux, par exemple ceux dont se servent certaines familles pour l’enseignement à domicile, sur lesquels il réalise des œuvres figuratives et symboliques à la tonalité surréaliste, en mixant collages et peinture.

Fin 2016, il rejoint le Kin Artstudio (Kinshasa), dirigé par Vitshois Mwilambwe, qui lui apporte appui et conseils. Puis en 2017, au retour de la biennale de Lubumbashi, il décide de recourir de façon systématique à la photo afin de mieux capturer les instantanés de la vie de ses personnages et leur environnement. Il s’intéresse aux marginalisés, aux sans voix. Il se met particulièrement en relation avec des casseurs de pierre d’un quartier de Kinshasa et leur offre de porter leur message sur une œuvre. Il les interviewe, les photographie, imprime les photos sur papier simple et les découpe. Puis vient l’étape du « re-made » : il recompose les fragments du réel pour créer des scènes nouvelles. 

Dans ses œuvres les plus récentes, la dimension imaginaire s’affirme. Non que Maski cherche à s’extraire du réel, il entend plutôt le réparer. D’où l’importance de partir de photos, c’est-à-dire de la réalité, qu'il enrichit de symboles et d’allégories. « Dans la vie kinoise, beaucoup des gens, y compris moi, ont besoin de s'évader dans un monde imaginaire pour survivre ». 

Le collage composant désormais la totalité du fond de ses œuvres, le bois n’a plus lieu d’être, il le remplace par la toile.

Réfléchi, ouvert, tenace et méthodique, Maski dispose d’un autre atout, assez rare chez un jeune artiste : la patience. Rien ne sert de courir, il faut commencer par comprendre sa propre intention pour mieux se trouver artistiquement. C’est ce que démontre Gaël Maski, de manière éclatante.

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